19 septembre 2006

1er Partie LILLE ISTANBUL

lillekatmandou

Samedi 28 juin 1975, le grand départ

d_part

Il est 8 heures du matin, nous prenons place

sur la bretelle d’autoroute à la sortie de Lille.

Cela fait des mois que nous préparons ce voyage.

Notre aventure va enfin pouvoir commencer.

Lille Istanbul

Lille_Istanbul

Lille - Liège  - Aachen - Francfort - Nurenberg - Munich - Salzbourg - Graz - Maribor - Zagreb - Belgrade - Nis - Sofia - Istanbul


Lille Istanbul

du Samedi 28 juin au 6 juillet 1975 

                       Samedi 28 juin, nous devons attendre trois heures avant que le premier automobiliste s’arrête. Notre automobiliste est belge et il va nous déposer 60 Km avant liège. Puis un camion nous prend jusqu’à Liège (Lille - Liège 198 Km), avant de nous abandonner sur le bord de l’autoroute Liège - Aachen. Une camionnette de police arrive. Les policiers s’arrêtent et nous disent qu’il est interdit de faire de l’auto-stop sur l’autoroute. Ils nous embarquent. La camionnette patrouille sur l’autoroute et ramasse tous ceux qui comme nous n’ont rien à faire là ; nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. La camionnette est en liaison par talkie walkie avec le commissariat. Elle s’arrête un peu plus loin pour ramasser un type. Un vrai éberlué qui est entrain de cueillir des pissenlits pour ses lapins sur la bande du milieu. Je suis un peu inquiet. C’est notre première journée, elle n’est pas encore terminée et nous sommes déjà arrêtés. Où cette camionnette va-t-elle nous emmener ? Arrivés au commissariat, nous devons attendre dans une pièce. Nous nous interrogeons sur leurs intentions, mais dans tous les cas, ils nous mettent en retard. Enfin un policier vient vérifier nos papiers d’identité, puis il nous demande où nous nous rendons. Je m’empresse de lui répondre : « Nous allons à Köln en Allemagne. » Effectivement, c’est bien l’Allemagne notre destination. Nous n’allons tout de même pas lui dire que nous allons à Katmandou. Il s’ensuit une leçon de morale. Les policiers nous disent qu’il est dangereux de faire de l’auto-stop sur l’autoroute et ils nous demandent si nos parents sont au courant.  Nous acquiesçons afin qu’ils nous relâchent au plus vite et nous reprenons notre route. Nous nous postons avant l’embranchement d’autoroute. Une voiture conduite par un chauve nous emmène de Liège à Aachen (58 Km). Puis une seconde nous prend en charge de Aachen à Koblenz (79 Km). La dernière voiture qui nous prend est celle de jeunes sympas. Nous ne sommes pas très rassurés car ils semblent avoir bu. Ils nous déposent dans la verdure. Nous ignorons où nous sommes. Le temps est gris, il pluvine un peu. J’ai froid. Nous allons dormir là sur l’herbe, dans nos sacs de couchage protégés par une bâche plastique que nous avons emmenée. Mon moral n’est pas au plus haut. Nous avons parcouru 335 Km aujourd’hui et dépensé 14 Francs probablement en sandwichs. Nous reprenons notre route et une première voiture nous emmène jusqu’à Koblenz, puis une autre nous emmène directement de Koblenz à Mayence (102 Km). Une camionnette nous emmène de Mayence à Stuttgart (206 Km). De Stuttgart à Munich (222 Km), nous sommes pris par une DS qui se livre à une course de vitesse avec une Ford très rapide. Notre DS nous laisse aux abords de Munich, une camionnette nous emmène jusqu’à Munich. Nous mangeons dans un snack. Puis nous rencontrons un ouvrier très sympa qui nous propose de nous héberger pour la nuit. Nous avons parcouru 530 Km aujourd’hui et dépensé 8 Francs.

                      Lundi 30 juin, nous avons bien dormi et avons pris un petit déjeuner précipité car l’ouvrier qui nous a hébergé doit se rendre au travail. Nous quittons Munich avec une première voiture conduite par un jeune qui nous dépose à mi-chemin entre Munich et Salburg. Un autre jeune nous conduit jusqu’à la frontière autrichienne. Nous arrivons à Salburg vers 16 heures, il pleut. Le plastique qui servait à me protéger a disparu. Maintenant il pleut de plus en fort, c’est la galère. Nous dormons dans la salle d’attente de la gare. Nous avons parcouru 142 Km aujourd’hui et dépensé 10 Marks soit environ 16 Francs.

                        Mardi 1 juillet, nous sommes pris par des français en Renault 5. Nous traversons avec eux l’Autriche. Les paysages sont beaux, le temps est instable. C’est un paysage de montagnes et les sommets sont enneigés. Avant d’arriver à la frontière nous devons gravir un col qui monte très fort. La Renault 5 a beaucoup de peine à monter et nous devons passer de seconde en première. Maintenant il ne pleut plus et fait même un peu chaud. Nous arrivons à Ljubljana. La Renault 5 et ses occupants nous abandonnent à une pompe à essence. Nous nous abritons pour dormir sous un auvent en tôle qui sert d’abri à une voiture, fort heureusement petite. Nous avons parcouru 200 Km aujourd’hui et dépensé 20 dinars soit 5 Francs.

                        Mercredi 2 juillet, l’autoroute qui va de Ljubljana à Zagreb est en fait une grande route à une voie. Le temps est instable et il pleut un peu. Jusqu’à présent nous n’avons pas été pris par des camionneurs, cette fois ci un camion s’arrête. Nous sommes à Ljubljana et le camion va jusque Belgrade (400 Km). Nous montons à bord de la cabine et le chauffeur nous dit que nous pouvons nous installer dans la couchette. Nous avons pu dormir dans nos sacs de couchage pendant que le camion faisait route. Arrivés sur Belgrade, nous rencontrons un « No problem ». En effet sur la route ils sont assez nombreux les gens à utiliser très vite et à tout bout de champs cette expression. Notre « No problem », nous dit cependant qu’il est impossible de dormir à la gare de Belgrade. Nous avons dormi dans un parc non loin d’un couple de français et du hollandais.

                        Jeudi 3 juillet, nous sommes réveillés de bonne heure. Nous prenons notre petit déjeuner en compagnie du couple de français et de l’hollandais. Pour moi ce sera du café et du pain. Dans tous les établissements publics on peut apercevoir dès l’entrée la photo du président. Nous croisons beaucoup de yougoslaves qui prennent un déjeuner copieux dès sept heures du matin. Notre but est de rejoindre l’autoroute qui va à Zagreb. Pour cela nous devons prendre le Tram n° 9. Nous faisons du stop jusqu’à 11 heures mais cela ne donne rien. Nous mangeons et reprenons le stop vers 13 heures. Un combi Volkswagen s’arrête. Ce sont deux allemands, le père et le fils, ils vont en turquie. Le chauffeur conduit lentement. En Yougoslavie il n’y a pas de tracteurs, mais des bœufs tractent des chariots. Il y a encore des trains à vapeur. Arrivés à la frontière Bulgare on nous indique un restaurant pas cher 5 kilomètres en arrière. Nous mangeons une délicieuse spécialité Yougoslave, le « Poletchitchi » est un plat de viande, accompagné d’une salade de chou, arrosé d’un vin de Hambourg, avec un thé, le tout pour 8 Francs. Nous avons mangé avec les allemands dans un petit village où se déroulait une fête, nous avons passé une bonne soirée. Nous avons dormi à la belle étoile près d’une station service. Nous avons parcouru combien de kilomètres ?

                        Vendredi 4 juillet,  je me lève pour aller me laver aux toilettes de la station service. Il est tôt et les toilettes sont fermées. Je passe par l’une des fenêtres laissées ouvertes que j’escalade. J’ai à peine terminée de me laver qu’une dame ouvre les toilettes. Quand je suis sorti, elle m’a engueulé, je pense qu’elle a dû être surprise de me voir. J’ai laissé quelques pièces mais cela ne devait pas faire un dinar, le minimum que l’on puisse donner. Nous attendons à la frontière Bulgare notre visa, on m’annonce 11 dollars plus 5 dollars de change obligatoire en monnaie Bulgare. Pour finir le douanier me rend 9 dollars sur les 16 que je lui avais donnés, plus 5 dollars en monnaie Bulgare. Le visa m’est revenu à 8 francs. Mes devises Bulgares sont très vite rachetées par ceux qui m’ont pris en auto-stop pour leur essence. Dans les champs toutes les femmes portent le même costume, bleu ciel plus coiffe blanche. Nous ne voyions pas d’hommes, même pour les travaux de terrassement sur les routes.  J’aperçois un panneau Istanbul. Sur  les routes nous croisons des tracteurs, chevaux, ânes, de vieilles motos sans side, une moto de marque  Oural  avec side cela semble être le luxe. Les hommes que j’aperçois sont plus souvent en train de se reposer plutôt que de travailler. Il fait très beau, certainement trop chaud pour travailler. Nous pouvons voir des panneaux de propagande avec des portraits ou des citations, nous sommes en régime communiste. Dans le sud nous croisons un troupeau de moutons avec un berger. Il y a beaucoup d’ânes, ils tirent des charrettes. Nous apercevons un couple de cigognes. Nous échappons aux fouilles des policiers le long des routes. Même les soldats se baladent en roulotte tirée par un cheval. Nous allons traverser toute la Bulgarie à bord d’un combi Volkswagen. Arrivée à Edirne c’est un changement brusque. Il y a beaucoup de monde, beaucoup d’affiches, beaucoup de magasins les uns sur les autres. On vend n’importe quoi, tout ce qui peut se récupérer. Dans la rue on peut voir des cireurs de chaussures. Nous passons la nuit dans un hôtel non touristique pour 25 TL (10 Francs). Notre chambre comporte deux lits, 1 table, 1 chaise mais il n’y a pas de lavabo. La ville est très animée. Nous sommes en Turquie et nous devons retarder nos montres de deux heures. A cinq heures de l’après-midi il est 7 heures du soir.

                        Samedi 5 et dimanche 6 juillet, je visite Istanbul.

Un combi Volkswagen s’arrête. Ceux sont deux allemands père et fils.Ils vont en turquie. Le chauffeur conduit lentement. Arrivés à la frontière Bulgare, on nous indique un restaurant pas cher 5 Km en arrière. Nous mangeons une délicieuse spécialité Yougoslave, le « Poletchitchi »,

Page2

c’est un plat de viande, accompagné d’une salade de chou,

le tout arrosé d’un vin de Hambourg, avec un thé, pour 8 Francs.

Page3

En Yougoslavie il n’y a pas de tracteurs, mais des bœufs tractent des Chariots. Il y a encore des trains à vapeur.

Page4

Page5

Dans le sud nous croisons un troupeau de moutons avec un berger.

Il y a beaucoup d’ânes, ils tirent des charrettes.

Nous apercevons un couple de cigognes.

Page6

A la gare des bus d'Istanbul nous prenons un dolmus pour la mosquée bleue.

La mosquée bleue est vraiment impressionnante et très belle.

Nous visitons aussi la mosquée Soliman, plus simple, beaucoup moins chargée en décorations.

Elle est également plus petite mais les fresques dessinées dans les tons terre sont jolies.

Je fais connaissance avec un turc qui m'offre un thé et me donne des cigarettes.Page7

Je prends un verre au pont Galata avec des fumeurs de pipes à eau.

Page8

Posté par Admindublog à 13:46 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur 1er Partie LILLE ISTANBUL

    un trajet similaire...

    ... que nous avons fait en 2CV de Bruxelles à Izmir. Véro

    Posté par Véro, 21 novembre 2006 à 19:30 | | Répondre
  • Ca c'était mon rêve à cette époque, même un peu avant lorsque j'avais 18 ans, donc en 72, mais mes parents n'ont rien voulu savoir. pas le temps de tout lire, j'y reviendrai. Bonne journée!

    Posté par maminabelle, 28 novembre 2006 à 07:15 | | Répondre
Nouveau commentaire